Burinku !
>Prologue<
Chapter Ouane

 

Prologue...

Une nuit sans lune... Froide et sombre... Effrayante.
Au loin, des loups hurlent avec violence, et leurs cris déchirants font frissonner d'angoisse les rares humains qui ont osé sortir de chez eux.

A ces hurlements bestiaux se mêlent ceux d'une femme en train d'enfanter. Ses cris déchirants font frissonner d'angoisse les rares humains qui ont osé sortir de chez eux (oui je sais, c'est la même phrase qu'avant, je suis pas encore totalement gâteuse).

* La future mère souffre mille morts. L'enfant ne veut pas naître. Son fin visage, baigné de sueur, se crispe de douleur. Elle en a assez. Cela va faire 12 heures qu'elle est dans cette position, les jambes écartées et levées, les mains derrière les genoux, poussant et soufflant entre deux contractions qui lui déchirent le ventre... *

Soudain, tel un avertissement divin, un éclair déchire le ciel et frappe l'arbre centenaire que l'arrière arrière grand-père de l'enfant à naître avait planté dans la cour lors de ses épousailles avec la Freudreuse (figure légendaire du Berry).

Et l'Enfant apparaît, à la lueur des flammes dévorant l'arbre... Il est bleu... Le médecin accoucheur (que la jeune mère ne peut s'empêcher de trouver menaçant, avec son doigt pointé en avant, telle une imprécise menace), alarmé, lui flanque une bonne claque sur les fesses, et soudain, le nouveau-né pousse un vague couinement et regarde avec étonnement celui qui vient de le frapper apparemment sans raison.

C'est alors qu'une lueur se détache des flammes (qui consument l'arbre... merde, suivez un peu !), se dirige vers la fenêtre, se cogne à la vitre en poussant un "aïe" de surprise. On entend alors grommeler "zut, passer par la cheminée, règle n°1 du Manuel, j'oublie toujours"... La petite lueur reprend alors son envol et se dirige vers le toit de l'antique demeure. Elle passe par le conduit de la cheminée et atterrit dans les cendres encore chaudes de l'âtre.

Puis la lueur se "détend" et prend forme humaine... Pitoyable forme d'ailleurs, une femme sans âge, aux cheveux emmêlés, à la mine terreuse, aux habits dépenaillés. Ses mains sont écorchées, ses genoux couverts de bleus et ses lunettes de guingois. Mais au travers de ses verres ébréchés, ses yeux lancent un regard vif et malicieux.

Prodige !! Seul l'enfant semble la voir. La mère, épuisée, dort d'un oeil. Et le médecin vaque à ses obscures occupations (avec son doigt toujours pointé en avant...). L'apparition s'approche du nouveau-né, lui sourit et lui murmure d'une voix douce : "Mon tout-petit, je suis Fée Malchance. Normalement c'est Fée Boman qui aurait dû s'occuper de toi, mais c'est une vraie flemmasse. Alors je suis venue à sa place, te donner les dons qui t'accompagneront toute ta vie durant"

Elle souffle alors sur l'enfant un air chargé de particules scintillantes. L'enfant, émerveillé, sourit puis se met à toussoter bruyamment. Le médecin s'approche diligemment du berceau, et ce faisant, renverse un petit guéridon qui tombe sur l'un des pieds du berceau qui, faisant levier, envoie valdinguer le fragile nouveau-né dans les airs. Grâce à un réflexe quasi-surhumain, le médecin le rattrape in extremis et le refourgue aussi sec dans le berceau, non sans avoir jeté un coup d'oeil à la mère endormie ("J'espère qu'elle n'a rien vu...").

Fée Malchance envoie alors à l'enfant un clin d'oeil et prononce un "bon courage et sois heureux" plein d'entrain, avant de s'envoler par là où elle est venue, c'est-à-dire par la cheminée (et de se faire tamponner 1000 mètres plus haut par un airbus qui passait justement par là, alors qu'elle tentait de regagner son nuage).

Et c'est là que les vrais ennuis commencèrent.

PolioMan était né.

* la lecture de ce passage est fortement déconseillée aux femmes enceintes.