Burinku !
Vos oeuvres

 

Un mardi matin sur la terre

Ce jour là, je me suis inquiétée pour mon œil gauche. Il faut dire que je porte des lentilles et apparemment la gauche m’avait blessée. Ma première idée a été de prendre un RV chez un ophtalmo. Au téléphone, en entendant mes symptômes, on m’a dit d’aller directement aux urgences ophtalmologiques. Alors là ce fut la panique. C’est bien beau de se dire qu’on va se soigner,  c’en est autre chose de devoir carrément aller à l’hosto …
Je me disais déjà que les vœux sur ma santé ne devaient pas être bien sincères …

Donc moi à l’hosto.

Déjà il faut savoir que c’est une notion relative « l’Urgence » puisque j’ai attendu 2 heures (au milieu de personnes qui avaient des rv …). L’infirmière me dit « Mais ne partez pas devant le nombre …Avec ce que vous avez …faut rester … ». Enfin, je suis une mauvaise langue, il y a un truc qui va vite, c’est le paiement.

Ca m’a laissé le temps de cogiter, 2 heures ! Je me suis mise à délirer sur le thème « et si c’était pas bénin » et là j’ai imaginé des mots en « -ite », « –pathie », « – algie » et surtout que j’avais peut être un glaucome. Je me suis sentie vraiment mal. Je décidai de dire au médecin qui me soignerait que je ne me sentais pas fière afin qu’il adapte, s’il le fallait, son discours … Alors est arrivé un homme à l’œil bandé comme Albator, éh ben, c’est marrant, mais ça ne m’a pas fait l’effet nostalgie mais plutôt l’effet « NON pas moi ! » … (Raisonne toi ma fille, faut bien se soigner …).

Ca m’a laissé le temps aussi pour observer (les revues datant de 1999).

Un médecin qui demanda à un ambulancier s’il savait où était M.X
L’ambulancier : « Je vous l’ai déposé et je ne sais pas par où il est parti …»
- Vous allez donc me le retrouver. »

Plus tard, on vit l’ambulancier avec un petit pépé qui recroisa le médecin et celui-ci, sans un regard pour le personne retrouvée, se mit à parler de lui comme s’il n’était pas là.

« Il était où ?
– Dans l’autre salle d’attente. (Faut dire qu’il y a trois salles et aucune indication particulière)
–  Ben bien sûr, il ne pouvait pas se débrouiller tout seul, il ne fallait pas le laisser, il s’était perdu, faut qu’il se présente au guichet maintenant.»
L’ambulancier ne voulut trop rien dire sans doute pour abréger la peine d’un homme qui était à 50 cm d’eux.
Le médecin repartit sans un regard ni un mot pour l’homme qui s’était peut-être senti perdu et qui était peut-être, comme moi, angoissé à l’idée de recevoir un avis médical.
Il y eut aussi des attitudes presque tendres d’autres internes sans doute un peu plus concernés par l’aspect humain des patients. Ca console.

Quand mon tour arriva enfin je fus reçue par un personne froide qui écouta la moitié des choses que j’avais à raconter (c’est marrant je n’eus plus du tout envie de m’épancher ..) mais bon le plus important, le verdict, ça va, je suis quitte pour une semaine de traitement. Ouf

Ah ! Autre chose
Je me suis dit que mes proches m’ont quand même fait de bons vœux en définitive, puisque cela aurait pu être pire …

Bonne Année ! Bonne Santé !